De grandes
disparités
Les deux études auxquelles nous faisons référence
ont toutes deux souligné les grandes disparités
qui existent entre les barreaux tant du point de vue
des effectifs, de l’âge, de la représentativité
des femmes ou du nombre des bureaux secondaires, que
du point de vue des évolutions que ces données
connaissent. L’approche par région ne gomme
pas ces différences et l’on constate qu’aucune
région ne connaît d’unité
d’évolution pour l’ensemble des barreaux
qu’elle regroupe quelque soit l’indicateur
considéré : effectif des avocats de plein
exercice, effectif des avocats inscrits au tableau,
effectif des avocats stagiaires, effectif des avocats
honoraires, âges moyens, effectif des avocats
étrangers et des avocats inscrits à un
barreau étranger, nombre des bureaux secondaires
et densité.
Quelques observations générales peuvent
être faites, mais seuls les cahiers régionaux
publiés en deuxième partie de cette étude
peuvent permettre d’appréhender dans le
détail toutes ces nuances. Il restait à
l’Observatoire, pour une meilleure appréciation
des différences et évolutions régionales,
de contourner la situation du barreau de Paris et
de celle de Nanterre, respectivement 1er et 3ème
barreaux de France. Comment apprécier l’évolution
d’une région comme l’Ile-de-France
quand elle a en son sein deux barreaux qui représentent
89,8 % de la région ? Comment apprécier
de façon réaliste l’évolution
des régions françaises quand une seule
région représente 48 % de l’effectif
métropolitain ? L’Observatoire a donc
pris le parti de dédoubler la région
Ile-de-France. Les classements ci-après intègrent
une région Ile-de-France « classique
» mais aussi une région Ile-de-France
hors barreaux de Paris et de Nanterre.
Des effectifs et des évolutions
Le classement des 23 régions est, à
peu de choses près, le même pour les
effectifs des avocats de plein exercice et les avocats
inscrits au tableau, les inscrits constituant en général
90 % de l’effectif. Plusieurs « classes
» de régions apparaissent :
La première classe est constituée de
celles qui franchissent le seuil des 2000 avocats
(inscrits + stagiaires). Ce sont, sans surprise, l’Ile
de France, la Provence- Alpes-Côte d’Azur
(PACA), le Rhône-Alpes et l’Ile de France
(Hors Paris et Nanterre).
La seconde est constituée de régions
dont l’effectif est compris entre 1000 et 2000
avocats. Il s’agit notamment de l’Aquitaine,
le Midi-Pyrénées, le Languedoc –
Roussillon, le Nord-Pas-de-Calais et les Pays de la
Loire.
La troisième classe comprend les 14 autres
régions dont l’effectif est inférieur
à 1000.
A noter que l’on observe que toutes les régions
enregistrent sur 8 ans des taux d’évolution
à deux chiffres pour l’effectif total
composé à la fois des inscrits et des
stagiaires. Toutefois, cette remarque n’est
pas valable si l’on ne considère que
l’un des deux paramètres.
En ce qui concerne les avocats inscrits au tableau,
les taux sont légèrement inférieurs
mais toujours positifs. C’est la Franche-Comté
qui enregistre le taux de croissance le plus faible
avec une croissance de 5 %.
En ce qui concerne les stagiaires, trois régions
connaissent sur la période d’observation
une évolution négative ; ce sont : l’Ile
de France (Hors Paris et Nanterre), Le Centre et la
Corse. Les évolutions relatives aux stagiaires
sont souvent plus irrégulières que pour
les avocats inscrits. C’est sur cet effectif
que l’on constate les plus fortes disparités
au sein d’une même région. En Alsace
par exemple, en huit ans, le barreau de Saverne se
contracte de 100 % tandis que dans le même temps
l’effectif du barreau de Mulhouse augmente de
62 ,5 %.
C’est dans les régions les plus dynamiques
que l’on observe les plus forts taux de présence
des femmes avocat. La féminisation de la profession
est une tendance récente et d’importants
décalages existent d’un barreau à
l’autre, d’une région à
l’autre. Elles sont très présentes
dans les effectifs stagiaires représentant
60 % ou parfois plus. Ainsi le maximum observé
est de 70 % de femmes stagiaires en Midi-Pyrénées.
En ce qui concerne les effectifs d’avocats inscrits,
elles restent le plus souvent minoritaires (environ
47 %). En 2003, la seule région où l’équilibre
entre homme et femmes est atteint est le Midi-Pyrénées.
A noter qu’il n’y a pas de lien de cause
à effet entre la densité d’une
région et la taille de son effectif, mais plutôt,
un lien entre la densité de la population dont
dispose une capitale régionale, son statut
plus ou moins exclusif au sein de la région,
et la taille d’un barreau.
Ainsi le barreau de Toulouse en Midi-Pyrénées
concentre 69,2 % de l’effectif de la région
toutes catégories confondues, tandis que Nancy
en Lorraine ne concentre que 34,6 % de l’effectif,
toute la région étant organisée
de façon « bi-polaire » autour
de l’axe Nancy-Metz.
Bordeaux, Montpellier, s’affirment comme de
vraies capitales régionales, alors que les
régions Rhône-Alpes ou Provence-Alpes-Côte-d’Azur
comptent plusieurs agglomérations importantes
et attractives : Marseille-Nice-Grasse ou Grenoble-Lyon.
On observe, par ailleurs, dans presque dans toutes
les régions, un déclin des petits barreaux
situés dans des zones peu peuplées et
éloignées d’une zone urbaine importante
au bénéfice des barreaux des principales
agglomérations. C’est le cas par exemple
de Vichy-Cussey et de Clermont-Ferrand en Auvergne.
Par région, on observe aussi en huit ans, la
montée en puissance régulière
de barreaux dont l’effectif très modeste
au départ, pèse de plus en plus lourd
en 2003. C’est le cas notamment du barreau de
Montluçon en Auvergne.
Mise à jour 2005 des effectifs par régions
L’international en
région
Cette thématique ne concerne pas toutes les
régions. L’Auvergne, la Bretagne, la
Corse, la Basse-Normandie et le Limousin ne comptent
aucun avocat étranger inscrit dans un barreau
de leur région.
Dix régions ont un effectif d’avocats
étrangers inférieur à dix, pour
7 autres, l’effectif est compris entre 10 et
50 avocats.
Une seule région, l’Ile-de-France compte
un nombre très élevé d’avocats
étrangers inscrits. A noter que la région
Ile-de-France (hors Paris et Nanterre) se place en
3ème position du classement.
Compte tenu du niveau peu élevé des
effectifs, il faut relativiser les taux d’évolution
observés. Par exemple l’Alsace, qui enregistre
une forte progression sur la période est passé
de un avocat en 1996 à 21 en 2003.
Les bureaux secondaires
De grandes différences existent d’une
région à l’autre en matière
de bureaux secondaires, mais toutes les régions
en comptabilisent.
La Franche-Comté, La Corse et le Limousin sont
des régions où le nombre des bureaux
secondaire est inférieur à 10. Pour
cinq régions l’effectif est en diminution
; ce sont : Le Nord-Pas-de-Calais, le Midi-Pyrénées,
la Bretagne et le Limousin.
L’Ile de France (Hors Paris et Nanterre) enregistre
un des plus fort taux de croissance (23,7 % sur 8
ans) avec L’Aquitaine (242 %). Dans le même
temps, la région Rhône-Alpes voit le
nombre de ses bureaux secondaires stagner. Dans ce
cas encore, il faut relativiser les taux d’évolution
observés.
Exception faite de l’Ile-de-France, l’écart
est de 93 entre la région PACA et le Limousin,
les deux extrêmes du classement.
Ce sont toujours les 4 ou 5 mêmes régions
que l’on retrouve en tête d’un classement
à l’autre quelque soit le critère
de sélection: l’Ile de France, la Provence-Alpes-Côte
d’Azur, l’Ile de France (hors Paris et
Nanterre), la région Rhône-Alpes et l’Aquitaine,
on remarquera qu’un déséquilibre
existe entre le nord de la France, exception faite
de l’Ile de France et le sud.
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