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A la suite du mouvement de mobilisation des
avocats pour une revalorisation immédiate
des indemnités d’aide juridictionnelle et
une réforme globale du système, prolongé
par le rassemblement national à Paris du 18
décembre 2006, le Garde des Sceaux,
Ministre de la Justice, avait annoncé la
tenue « d’Assises de l’aide
juridictionnelle et de l’accès au
droit ».
Ces Assises se sont déroulées ce mardi 30
janvier au ministère de la Justice.
La délégation de la profession emmenée par
le Président Paul-Albert IWEINS était
composée des représentants du Conseil
National des Barreaux, du Barreau de Paris,
de la Conférence des Bâtonniers, des
organisations syndicales et des anciens
membres du CNAJ.
Le programme était articulé autour de
quatre ateliers auxquels participaient des
parlementaires, avocats, magistrats,
représentants des usagers du droit et des
assureurs, membres des cabinets du
ministère de la justice et du ministère de
l’économie et des finances. Des
journalistes étaient également présents
tout au long des travaux.
Les thèmes des quatre ateliers étaient
ainsi définis :
Atelier n° 1 – Admission à l’aide
juridictionnelle
(Modérateur : Jean-Claude
MAGENDIE, Président du TGI de Paris)
Atelier n° 2 – Les garanties d’une
défense de qualité
(Modérateur : Brigitte MARSIGNY,
Présidente de la Commission accès au
droit du Conseil National des
Barreaux)
Atelier n° 3 – Financement de l’aide
juridictionnelle et rétribution des
avocats
(Modérateur : Elisabeth
DEVILLE-LINDEN, Première Présidente de la
Cour d’appel d’Angers)
Atelier n° 4 – Aide juridictionnelle et
assurance de protection juridique
(Modérateur : Laurent LEVENEUR,
Professeur à l’Université Paris II)
Le Garde des Sceaux a
rappelé dans son discours d’ouverture des
travaux que « l’accès à la justice
est un droit essentiel et, à ce titre, l’aide à l’accès à la justice,
autrement dit l’aide
juridictionnelle, est une priorité pour une
démocratie telle que la
nôtre ».
Il a dressé le constat d’un
« accroissement sans précédent »
du budget consacré à l’aide
juridictionnelle en raison d’un besoin
croissant de justice et de recours au juge,
notamment par la création de nouvelles
procédures en matière pénale ayant entraîné
une forte augmentation du nombre
d’admissions à l’aide juridictionnelle.
Il a dès lors posé la question des moyens
permettant de garantir aux plus démunis une
défense de qualité, dans tous les domaines,
dans un contexte budgétaire
qualifié de « nécessairement
contraint ».
Parmi les pistes de réflexion annoncées par
le ministre de la Justice, on notera :
-
La recherche d’une complémentarité entre assurance de protection
juridique et aide
juridictionnelle (proposition
de loi sur l’assurance protection
juridique adoptée en
première lecture par le Sénat et
inscrite à l’ordre du jour
prioritaire du gouvernement pour la
séance du 8 février prochain à
l’Assemblée Nationale).
-
Au-delà du principe de subsidiarité
de l’assurance protection juridique,
la recherche de modes complémentaires
de financement de l’aide
juridictionnelle permettant de
dégager de nouvelles ressources.
-
La question des conditions
d’admission à l’aide juridictionnelle
actuellement élargie à tous les
contentieux.
-
Les garanties d’une défense de
qualité, notamment par la
généralisation des conventions
d’honoraires.
-
Les mesures visant à simplifier les
demandes d’aide juridictionnelle et à
faciliter les démarches des
justiciables et des avocats
(dématérialisation des dossiers
d’aide juridictionnelle).
Le Président Paul-Albert
IWEINS a rappelé au Garde des
Sceaux, dans son intervention au nom
de la profession, « que
le 18 décembre dernier, près de 5.000
avocats étaient dans la rue pour dire, haut
et clair, que le système actuel qui
fait supporter par la profession
l’essentiel de l’effort de solidarité
nationale n’était plus
acceptable ».
Il a rappelé les attentes de la profession
quant à une refonte globale du système de
l’aide juridictionnelle et a indiqué que
les propositions
concrètes de la plateforme
commune, remise au Garde des
Sceaux lors du rassemblement national du 18
décembre, pouvaient être satisfaites, sans
attendre, par voie réglementaire.
Il a fait part au Garde des Sceaux de la
détermination de la profession en affirmant
que « rien ne pourra plus
continuer comme avant ».
Il a souligné que « l’effort
budgétaire demandé à l’Etat doit rester une
priorité, l’accès au droit
relevant des missions régaliennes de
l’Etat », et « s’est inquiété de
la baisse de l’activité juridique qui
témoigne des difficultés d’accès au juge
des citoyens ».
« Si la profession est convaincue de
la nécessité de pratiquer en la matière une défense de qualité,
celle-ci a à l’évidence un prix que les
avocats ne peuvent être seuls à payer. Il
faudra aussi faire preuve
d’imagination pour maîtriser les
coûts. La contractualisation,
l’honoraire de résultat, et pourquoi pas de
nouveaux modes d’exercice sous le contrôle
des Ordres méritent d’être examinés ».
Le Président IWEINS s’est dit
« porteur d’un message de tous ceux
qui participent quotidiennement, et au-delà
du raisonnable, à cette défense de nos
concitoyens au titre de l’aide
juridictionnelle. Ils ne veulent
plus être associés à ce qui s’apparente à
une sous-justice, exercée par des avocats
considérés comme étant de catégorie
inférieure au bénéfice de justiciables de
seconde zone ».
« La République ne distingue pas
entre les citoyens, les avocats constituent
un seul Barreau et les prestations de
certains ne sauraient être considérées
comme inférieures ».
A l’issue des travaux, et après la synthèse
des propositions émanant des quatre
ateliers, le Directeur de cabinet
du Garde des Sceaux a
immédiatement formulé un certain de nombre
de propositions.
Certaines d’entre elles préfigureraient les grandes lignes
d’une réforme d’ampleur de l’aide
juridique, qu’il n’est plus
possible d’envisager avant les prochaines
échéances électorales, mais dont la mise en
œuvre pourrait être décidée dans le cadre
d’une nouvelle loi de programmation pour la
Justice, dès qu’un nouveau calendrier
législatif le permettra :
-
Extension du champ de l’aide
juridictionnelle à des missions non
juridictionnelles.
-
Modifications des conditions d’accès
à l’aide juridictionnelle.
-
Recherche des financements
complémentaires.
La question de la création d’une
« Caisse nationale de l’aide
juridictionnelle » chargée de gérer la
dotation allouée par l’Etat en partenariat
avec les assureurs, les consommateurs et
l’ensemble des auxiliaires de justice,
mérite selon lui d’être posée et
expertisée.
Concernant les mesures immédiates
par voie réglementaire annoncées
par le Garde des Sceaux, un consensus
pourrait se dégager sur un certain nombre
de dispositions techniques ayant trait à
chacune des thématiques abordées en
atelier, parmi lesquelles :
-
Les conditions d’admission à l’aide
juridictionnelle totale des personnes
dépourvues de ressources dont
l’avocat est commis d’office,
l’avocat ne devant plus supporter les
conséquences financières d’un rejet
d’une demande d’aide juridictionnelle
présentée après son intervention.
-
La généralisation de la signature
d’une convention d’honoraires de
résultat entre le bénéficiaire de
l’aide juridictionnelle totale et son
avocat en cas de retour à meilleure
fortune, y compris lorsque cette aide
a été accordée sans conditions de
ressources aux victimes d’infractions
graves.
-
L’information systématique de
l’avocat de tout recours formé à
l’encontre des décisions d’AJ.
-
La possibilité de verser une avance
sur dotation aux barreaux signataires
d’un protocole de défense de qualité.
-
L’indemnisation d’un certain nombre
de missions non indemnisées,
particulièrement l’assistance par
l’avocat d’une personne détenue
faisant l’objet d’une procédure
d’isolement, ou l’assistance d’une
personne étrangère ayant formé un
recours contre une décision de refus
de titre de séjour assortie d’une
obligation de quitter le territoire.
Une réforme du Conseil National de l’Aide
Juridique a également été évoquée à plusieurs reprises.
Le Directeur de cabinet du Garde des Sceaux
s’est engagé à revenir dans les tous
prochains jours vers la profession afin de
prendre l’ensemble de ces mesures, qui
pourront être complétées le cas échéant par
d’autres points d’accord.
Le texte final pourrait être entériné dans
son principe lors d’une conférence
de consensus fixée à la mi-mars.
Aussitôt après, le projet de décret pourra
être soumis pour avis au Conseil d’Etat en
vue de sa publication avant les échéances
électorales.
Le Conseil National des Barreaux a pris
acte des propositions émises par les
pouvoirs publics dans l’attente de
l’indispensable réforme de fond de l’accès
au droit par voie législative. Il sera
particulièrement vigilant au respect des
engagements pris par le Garde des Sceaux
lors de ces Assises et au calendrier
annoncé pour les réformes immédiates par
voie réglementaire.
Au-delà du rapport d’étape
adopté par l’Assemblée générale du 12
janvier dernier, les
propositions encore réservées sont
actuellement soumises à la concertation de
la profession (création d’une tranche
supplémentaire à l’AJ partielle afin de
bénéficier d’un taux réduit de TVA à 5,5 %,
extension des protocoles, structure et
financements complémentaires …).
Il s’agit en effet de parachever
l’élaboration du projet de réforme des
avocats, sur les orientations duquel le
Conseil National des Barreaux devra aussi
interpeller les candidats à l’élection
présidentielle.
La refonte de l'Aide Juridictionnelle
Rapport d'étape de la Commission Accès au Droit adopté lors de l'Assemblée Générale des 12 et 13 janvier 2007.
Pour accéder au rapport d'étape
Communiqué du 19 décembre 2006
5000 Avocats environ ont participé lundi 18 décembre au rassemblement national organisé à Paris, conjointement par la Conférence des Bâtonniers et le Conseil National des Barreaux.
L’ampleur de cette mobilisation est un signe fort adressé aux pouvoirs publics : l’effort financier fourni dans le budget 2007 ne saurait être considéré comme suffisant pour régler la question de la revalorisation de l’aide juridictionnelle et de l’accès au Droit.
A l'occasion de cette manifestation, le Président du Conseil National des Barreaux, le Président de la Conférence des Bâtonniers et le Bâtonnier de PARIS ont solennellement remis au Garde des Sceaux les premières propositions de la profession adoptées lors de l'Assemblée Générale des 15 et 16 décembre du Conseil National des Barreaux pour une refonte de l'aide juridictionnelle.
Confortée par une démonstration publique au cours de laquelle elle a fait preuve de sa détermination ; la profession devra continuer à se faire entendre, pour que les Assises de l’Aide Juridictionnelle organisées par la Chancellerie conduisent à l'adoption d'un projet de loi conforme aux vœux exprimés le 18 décembre.
© Conseil National des Barreaux/ LS Photo Stéphane Morsli
Propositions de réforme du système de l'Aide Juridictionnelle
Paris, le 18 décembre 2006
Lors de son Assemblée générale des 15 et 16 décembre 2006, le Conseil National des Barreaux, représentant l’ensemble de la profession d’avocat, a adopté les propositions qui seront remises aux pouvoirs publics pour parvenir à une refonte globale du système de l’aide juridictionnelle afin de permettre à toute personne dont la situation financière lui interdit l'exercice du droit fondamental à l'accès au droit et à la justice d’en bénéficier.
Cette refonte passe par :
I – Un engagement clair de l’Etat La réforme ne se conçoit que moyennant l'engagement prioritaire de l'Etat, sans exclure la recherche de modes de financement complémentaires, notamment par des mesures fiscales appropriées. Alors qu’aujourd’hui un certain nombre d’interventions ne sont pas payées (interventions devant les commissions administratives, visites en prison ou en tout lieu de détention et rétention, etc.), la loi devra reconnaître le principe de prise en charge de toutes les missions assurées par les avocats au titre de l’aide juridictionnelle. Devront aussi être payés les frais de déplacement, les frais de traduction et d’interprète …
En aucun cas, dans la défense pénale d’urgence, la condition de ressources ne devra être opposée a posteriori à l’avocat qui aura réalisé sa mission. Le Conseil National des Barreaux demande l’inscription dans la loi du droit à rémunération de l'avocat en matière d’aide juridictionnelle, conformément au protocole du 18 décembre 2000 signé par l’ensemble de la profession. Il poursuit sa réflexion sur les barèmes en temps passé standard par type d'affaires avec détermination d'un taux horaire moyen spécifique à l'AJ négocié par la profession et indexé. Pour améliorer la relation entre les Ordres dotés de protocoles article 91 et l’Etat, le Conseil National des Barreaux préconise la contractualisation triennale du pourcentage de majoration complémentaire. Le Conseil National des Barreaux entend par ailleurs continuer de réfléchir sur la création, préconisée en 2001, d'une structure nationale ayant pour mission de définir la politique d'accès au droit et à la justice. II - Une contractualisation de la relation entre l’avocat et le justiciable Le Conseil National des Barreaux demande une systématisation de la convention d’honoraires, en AJ partielle et en AJ totale, sous le contrôle de l’Ordre pour assurer la transparence de la relation avec le justiciable. Il propose une simplification de la procédure de retrait de l’aide juridictionnelle avec une double condition :
• que le retrait soit accordé par le Bâtonnier ou par accord entre les parties,
• avec convention d’honoraires préalable obligatoire entre l’avocat et le bénéficiaire. Il s’est prononcé en faveur d’une contribution minimale du bénéficiaire en matière d'AJ totale versée à l’avocat. III – La simplification du dispositif Partant du constat qu’il est indispensable d’obtenir une simplification de la composition des BAJ et une uniformisation de leur jurisprudence, le Conseil National des Barreaux a adopté le principe, sans modification du seuil de l'AJ totale, de la réduction du nombre de tranches en matière d’AJ partielle. Il s’est déclaré favorable à la simplification de l’examen des dossiers par les BAJ lorsque ceux-ci sont déposés avec le concours d’un avocat, et à l’information systématique de l’avocat sur les recours formés à l’encontre de leurs décisions. Il revendique la suppression de la condition de nationalité ou de régularité du séjour sur le territoire français imposée au demandeur à l'aide juridictionnelle.
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*
Par ailleurs, la réflexion du Conseil National des Barreaux se poursuit sur :
• la création en AJ partielle d’une tranche supplémentaire ouvrant le bénéfice au taux réduit de TVA à 5,5 % au-delà du seuil actuel ;
• la suppression, dans l’article 29 de la loi, de la référence au temps partiel et, dans l’article 91 du décret, à la suppression du mot "pénale" après "défense", afin de permettre aux Ordres de prévoir, pour répondre aux besoins des plus démunis, les conditions dans lesquelles les avocats prêtent leur concours à l’aide juridictionnelle selon les modalités fixées par convention avec l’Ordre (« protocoles civils »).
Aide juridictionnelle - Analyse des questionnaires Avocats et Barreaux
Communication de la Commission Accès au Droit et à la Justice
du Conseil National des Barreaux à la suite de l’analyse des questionnaires Avocats et Barreaux diffusés à la Profession
Comme vous le savez, le sujet est toujours autant d’actualité, la grogne des avocats et des Barreaux allant s’amplifiant et les institutions toujours aussi mobilisées.
Lors de la présentation rapide faite à l’occasion de l’Assemblée Générale extraordinaire du Conseil National des Barreaux, qui s’est tenue au mois de septembre 2006, nous vous avions promis un rapport.
Nous vous proposons donc dans le présent document :
- Un bref rappel historique de la situation
- Les résultats des questionnaires avocat et barreau
- Une analyse et quelques constats
- Des propositions à court et moyen terme
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